Il est difficile d'imaginer univers plus sombre que celui d'Al Maari, immense figure des lettres arabes. Perdant la vue dès l'âge de cinq ans et le sens religieux de l'optimisme au moment de l'adolescence, il coupe court à sa légende de génie aveugle en se cloîtrant jusqu'à sa mort dans sa ville natale. Il y sera désormais, selon son expression, captif des deux maisons : la cécité et sa chambre noire d'écriture. La nuit extrême dont parle ce nouvel Œdipe d'Orient inclut les faux-semblants de la réalité, mais aussi la possibilité même de s'orienter spirituellement. En regard de chacun de…
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