Petite nuit évoque ces images arrêtées où l’on se revoit en train de lire – à genoux sur le tapis d’un salon, allongée dans l’herbe, réfugiée dans une embrasure avec, selon les cas et les époques, L’Auberge de l’Ange-Gardien, La Guerre du feu ou La Légende de saint Julien l’Hospitalier. Scènes comme hors du temps, fondatrices, sans qu’on sache au juste pourquoi cette page, ce moment, cette lumière, cette position, ont ainsi résisté à l’oubli, aussi tenaces et inexplicables que des souvenirs-écrans. Évoquer ces images, revivre ces moments de lecture comme des rêves ou des symptômes, c’est revenir à ce…
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