Le souverain fou fait des discours. Il énonce le droit, harangue soldats et couturiers, ordonne la lessive des draps, traite du bonheur et de l’imposture, admoneste les paysans, provoque calamités, catastrophes et conquêtes. L’empire se bâtit par effondrements successifs. Scènes d’empire : les conseillers font des rapports, les experts-comptables comptent sur leurs doigts, les bombardiers s’écrasent, les histrions jouent une opérette, les suppliants anonymes se répandent en requêtes… L’empire prolifère, ils en sont les effectifs inefficaces, les plus fidèles soutiens. Robuste énergumène, le souverain fou s’offre à son peuple dans un geste sans réplique : «"Je vous parle avec tant…
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