La poésie arabe des deux siècles précédant l'islam a une "intrigue" codée dont le départ est l'arrivée du nomade à la ruine du campement de la bien-aimée. Mais c'est bien plus, toute une chaîne rigoureuse de concepts qu'il faut y lire : la trace et son effacement, la demande d'amour et le lien rompu, le solipsisme, l'angoisse qui fait basculer l'espace et le temps qui ne se dit qu'à l'imparfait, la fuite de l'être même. Tout autre chose qu'une déploration subjective : une des pensées les plus systématiques qu'il y eut jamais de la déréliction. Recueillie par les philologues des…
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